Je ne sais pas si ça va ou pas. Je ne sais pas si j'aime cette école ou pas. J'attends d'me la faire, mon opinion, puisque de toutes façons là je n'ai pas d'emploi du temps, aucune connaissance des matières de l'année... je suis en prérentré. Ca veut dire que jusqu'a jeudi prochain, quatre demi-journées par semaine, le sénile directeur de ma couteuse école nous enseigne, flanqué de ses assistantes, les bases techniques de la photographie, lundi le boitier, hier la prise de vue dévellopement... Avec petits tests à répétition pour vérifier que l'on écoute (bonne chose) et humilier ceux qui échouent (mauvaise chose, surtout pour se faire engueuler a une réponse fausse près); jugements catégoriques sur les appareils photos que nous avons tous galérés a trouver (le mien est beaucoup trop amateur", m'enfin c'est pas grave je peux le garder, je verrais juste rapidement que je suis désavantagée par rapport aux autres...) cet homme est plutot désagréable mais son enseignement est simple, et on pourrait penser qu'il nous cadre pour qu'on se fixe dès le départ.
Le test pour demain? Faire une pellicule de 36 photos, avec l'aide d'une "cellule", matériel acheté a 160euros qui calcule pour nous les paramètres manuels... puis, rien de plus simple, dévelloper la bobine. A savoir que la seule démontration que l'on a eu s'est faite sous un manchon, espèce de truc noir dans lequel le vieillard en chef glissait ses mains et nous expliquait ce qu'il faisait tandis que nous, assis et ignorants, écoutions.
Je n'ai jamais autant paniqué et angoissé pour faire quelque chose. Jamais autant tatonné; Je me suis coupée sous le manchon en essayant de décapsuler la bobine, j'ai abimée la pellicule en essayant de la faire entrer dans la spire (petit machin rond autour duquel doit s'enrouler la bobine avant d'etre mise dans la cuve du révélateur)... J'ai tout fait, pris la température, fait chauffer au bain marie mes produits pour qu'ils soient tous similaires celsiusement parlant. La bobine était vierge car le film mal engagé dans l'appareil.
J'ai passée une heure d'angoisse pour un film vierge, donc foutu.
Rachat de pellicule, trente six photos faites. Péripéties pour sortir la pellicule, puisque bourriné pour la rembobiner dans l'appareil, donc craquée en deux... immense merci au gentil monsieur fujifilm qui a été eu bien raison de trouver mon école laxiste. Donc là, la bobine est au lavage. Mais je me doute un peu de ce qui sortira dans vingt minutes, parce qu figurez vous, dans ma précipitation de la deuxième fois, j'ai versé un produit dont il ne restait plus grand chose, et qui nétait absolument pas a la bonne température.
Foufou non? J'abandonne pour aujourd'hui, et tant pis s'ils m'humilient. Je n'abandonnerai pas cette école même si elle s'éloigne un peu chaque jour de l'idée que je m'en faisait.
Depuis lundi, j'ai dépensé 68+186+70+5+15 euros en matériel. Faites le calcul. Parce que oui en plus, apparement ils vont nous vendre les pellicules au fil de l'année.
J'ai calculé l'autre jour dans le métro, puisque j'ai trois quart d'heure de transport a chaque trajet, combien ils sont payés par mois.
666,666666666 euros. ILS SONT LE MAL §
Pour entamer un registre plus gai, je me sens seule, fatiguée, grisaillée comme paris, acnéique, et je ne me sens pas si bien que ça dans cet appartement tout le temps vide.
Je veux revoir rochefort du gard :'(
Et en fait là, le négatif a réussi. J'ai dévellopée la première pellicule de ma vie (!). Et vous voyez, c'est un peu comme les douleurs de l'accouchement qu'on oublie devant le bébé. Et puis de toutes façons, je dois m'endurcir, ils nous testent et c'est pas en craquant a la moindre épreuve que je vais le réussir, même si c'est pas normal d'avoir autant d'appréhension aussi vite. Et puis c'est le premier mois le plus difficile, voila tout.